• Tortue de Floride... à l'étang du Méjean.

     

    Trachemys scripta elegans, la Tortue de Floride est une sous-espèce de tortue de la famille des Emydidae1.

    Elle est facilement identifiable par les taches uniques de couleur rougeâtre qu'elle a sur ses tempes. On peut noter, également, son plastron de couleur jaune et sa carapace dorsale de couleur vert marron à brun (là, elle est couverte de vase séchée). Jeunes, elles sont vertes à vert jaunâtre. 

    Cette sous-espèce se rencontre originellement dans l'est des États-Unis entre les Appalaches et les Rocheuses et dans le nord-est du Mexique. Elle a été introduite dans de nombreux pays.

    Il s'agit d'une tortue aquatique vivant normalement dans les lacs, étangs et marécages.

    La Tortue de Floride a une longévité évaluée à environ 50 ans.

    Lorsque la Trachemys scripta elegans est juvénile, sa nourriture se compose de 90 % de poisson et 10 % de végétaux.

    Cette tortue fut assimilée à la transmission de la salmonellose qui eut pour conséquence d'interdire la vente des jeunes, mais les adultes plus robustes sont encore en vente.

    Dimorphisme sexuel

    Reconnaître une tortue de Floride femelle en 3 points. 

    On peut différencier le mâle de la femelle par quelques caractéristiques :

     1.La taille et la forme des griffes : en effet, les griffes du mâle sont courbées et longues tandis que les griffes de la femelle sont droites et plus courtes.

     2.La forme du plastron : la forme du plastron du mâle est plutôt concave et convexe chez la femelle.

     3.La taille de la queue : Le mâle a une queue plus grande que la femelle. L'ouverture cloacale de la queue est plus éloignée de sa base chez les mâles.

     4.Généralement, les femelles sont plus grandes que les mâles.

     Noter que, comme pour les autres espèces de tortue, il est très difficile de déterminer le sexe des jeunes.

    La reproduction

    L'accouplement se passe peu de temps après que la tortue ait fini d'hiberner. Il se traduit par une attitude assez agressive du mâle avant de vraiment passer à l'action. Lors de la parade, le mâle se met devant la femelle, tend ses bras parallèlement à sa tête, et, paumes à l'extérieur, fait vibrer ses longues griffes qui effleurent la tête de la désirée. Il peut mordre la femelle. Cette attitude est parfois observée, sans accouplement : il s'agit dans ce cas d'une pose d'intimidation (défense du territoire principalement). Il faut alors observer attentivement les animaux et les séparer pour de bon dans 2 bacs différents si les bagarres sont trop graves. 

    Si l'accouplement a bien été effectué, la femelle peut effectuer plusieurs pontes par an (2 en moyenne). Chacune des pontes comprend entre 5 et 20 œufs. La durée d'incubation varie entre 60 et 80 jours. Il est important de maintenir un bon taux d'hygrométrie ainsi qu'une température constante pendant toute la durée de l'incubation.

    La Tortue de Floride espèce invasive

    Mode et délaissement

    Espèce invasive, la tortue de Floride se retrouve partout en Europe. Ici dans le Val d'Oise (Château de la Chasse) 

    Vers les années 1970, des tortues de Floride ont été importées massivement d'Amérique par des animaleries d'Europe.

    Une mode a été entretenue durant deux décennies au moins, par des vendeurs qui « omettaient » souvent d'expliquer aux acheteurs que ces tortues naines, (pas plus grosses qu'une pièce d'un euro à la naissance) grandiraient pour atteindre 15 à 20 cm et 2 ou 3 kg à l'âge adulte, voire un jour 30 à 40 cm.

     Des importations massives ont eu lieu aussi dans plusieurs régions d'Asie, comme à Hong Kong. De 1989 à 1994, plus de 4 millions de tortues auraient été importées et vendues rien qu'en France2.

    Problèmes engendrés

    Tortue de Floride : De nombreux parents, souvent sous la pression de leurs enfants, ont acheté des tortues comme s'il s'agissait d'un bien de consommation banal, sans réfléchir aux responsabilités qu'ils prenaient.

     Ces tortues comme d'autres reptiles (iguanes par exemple3) sont depuis longtemps reconnus comme sources d'infections humaines à Salmonella4,5, ce qui a été une des motivations pour l'interdiction de vente de ces tortues aux États-Unis à partir de 19756,7. Une étude faite en 2008 par les CDC avec divers organismes locaux de santé a conclu que sur 135 salmonelloses identifiées dans 25 états, 45 % concernaient des enfants de 5 ans ou moins. Parmi les 70 patients ayant eu une infection primaire, 37 % ont rapporté un contact avec une tortue (dont 81 % était de petites tortues couramment achetées auprès de vendeurs ambulants. Une approche avec cas-témoins appariés a montré une association statistiquement significative entre la maladie et l'exposition aux tortues8.

     Beaucoup de propriétaires ne savaient pas comment s'en occuper. En donnant par exemple trop de nourriture carnée aux tortues, ces dernières garderont des bosses monstrueuses sur leur carapace.

     Ces personnes étaient souvent mal conseillées par des commerçants vendant des animaux sans les accessoires obligatoires à leur bien-être. (filtre, pompe, lumière, espace, changement régulier d'une partie de l'eau). Nombre d'entre elles ont cru bien faire en relâchant dans la nature leurs tortues devenues trop grandes pour les aquariums ou aqua-terrariums d'appartements.

     Le commerce de ces tortues, tout en réduisant la population sauvage du bassin du Mississippi, a introduit une nouvelle espèce invasive en Europe.

     Les populations naturelles ne suffisant plus à ce marché juteux, des élevages intensifs sont apparus, produisant des jeunes anormaux, affaiblis voire albinos ou à deux têtes.

     Une partie significative des tortues de Floride relâchées dans les étangs et autres cours d'eau ont réussi à s'acclimater, malgré le fait qu'elles ne se reproduisent pas au nord d'une ligne Lyon-La Rochelle2 (Elle se reproduit avec succès dans les zones humides du pourtour méditerranéen2).

     Dans certaines régions, elles ne semblent pas avoir causé de problèmes, ailleurs, dont en Suisse par exemple, elles sont jugées être une menace écologique. Cette ligne risque de remonter vers le nord si le réchauffement climatique se confirme. En effet, les Trachemys scripta elegans adultes sont réputées assez voraces pour vider une mare de la plupart de ses amphibiens et végétaux supérieurs. En 1998, une énorme tortue de Floride a été capturée des vétérinaires et pompiers, sur les rives du Main (Allemagne). Le "monstre", qu'on a pu voir au zoo de Frankfort, pesait 25 kg [réf. nécessaire]. En France, une étude a porté sur les impacts de jeunes adultes de cette espèce9, qui a confirmé que l'adulte était bien omnivore et qu'il pouvait provoquer la régression de certaines espèces (gastéropodes par exemple) au profit d'autres (certaines plantes aquatiques et arthropodes).

     Beaucoup plus agressive, elle menace la cistude d'Europe (tortue aquatique indigène, menacée en Suisse et en France), notamment en monopolisant les postes de basking (postes intéressants pour se chauffer au soleil et bénéficier des ultraviolets solaires).

     Des centres d'accueil pour tortues ont été créés pour récupérer des animaux retrouvés dans la nature, ou pour accueillir ceux des gens qui voulaient quand même offrir un meilleur environnement à leur animal.

    Récupérer les tortues

    Quelques centres d'accueil spécialisés ont été inaugurés pour accueillir ces tortues délaissées.

    En France un programme de récupération a été mis en place. Les sites d'accueil ont signé une charte les engageant à prendre soin des individus en bonne santé qui leur sont remis et qui servent à des actions de sensibilisation auprès du grand public.

    Début août 2006, le jardin zoologique du Parc de la Tête d'Or à Lyon a inauguré son Centre de récupération des tortues de Floride, en partenariat avec le Laboratoire d'écologie systématique et évolution de l'université Paris Sud. Ainsi, le jardin espère ne plus avoir à constater d’abandons anonymes qui risqueraient de nuire à l’écosystème et à l’équilibre des espèces cohabitantes. Désormais, il faudra se signaler à l’administration du Parc qui fournira au "déposant" une fiche de dépôt.

    En Suisse romande, notamment, on peut trouver l’Association de protection et récupération des tortues (PRT)11 à Chavornay, entièrement bénévole. Le centre accueille également toute autre espèce exotique. Depuis peu, le centre de Chavornay participe même à des programmes de sauvegarde de tortues menacées (dont la cistude par exemple).

    Le commerce de bon nombre d'espèces de tortues exotiques est interdit en Europe depuis la fin des années 199012 mais une vente « au noir » continue.

    En Suisse, une ordonnance de l'office fédéral de l'environnement OFEV interdisant la vente et l'importation a été adoptée le 1er octobre 200813.

    « Belle, même de dos...Polygala Myrtifolia »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 4 Avril 2012 à 13:53

    Tiens, j'ai vu la même dans un marécage... je ne savais pas qu'il y en avait en france

    2
    Mercredi 4 Avril 2012 à 18:41

    Très intéressant ton article, j'ai appris quelque chose concernant leur nourriture à l'âge adulte: j'avais toujours entendu dire que ces tortues étaient omnivores lorsqu'elles sont petites, puis deviennent carnivores à l'âge adulte, ce qui apparement est faux.

    J'ai eu deux tortues de Floride, minuscules au départ. Au fur et à mesure de leur croissance, j'ai changé leur terrarium-aquarium, devenu de plus en plus gros. Elles sont devenues agressives en grandissant, et je les ai déposées dans l'un de ces centres, sans oublier de marquer leur carapce d'une croix rouge. Lorsque j'allais dans le parc ou je les avais laissées, j'avais quelques fois la chance de les voir à la surface de l'eau. :-))

    3
    Douce-luscie Profil de Douce-luscie
    Mercredi 4 Avril 2012 à 18:48

    C'est tout simplement sublime ces photos beety boop

    4
    Mercredi 4 Avril 2012 à 18:51

    Cucou , je suis fan des tortues depuis mon enfance ou ma grandmère en avait une de jardin...dommage  qu'on ne puisse plus en avoir ..

    Bises

    5
    Mercredi 4 Avril 2012 à 21:03

    Elle bouffe tout celle-ci y compris nos tortues !!! En Aquitaine ils les tuent.

    Poutouxxxx

    6
    Mercredi 4 Avril 2012 à 21:10

    Pour Violette :

    Et oui, je sais. Ici, on les mets dans des centres d'accueil. Je l'aurai bien attrapée pour ne pas la laisser dans la nature, mais je n'étais pas équipée, et elle était sur une branche en plein milieu d'un ruisseau...  Et tu penses bien qu'elle ne m'aurait pas attendue !!!!!
     

    7
    Mercredi 4 Avril 2012 à 22:06

    je prefere les tortues de terre, je les trouve plus jolies...

    8
    Mercredi 4 Avril 2012 à 22:54

    quand on est enfant on aime bien avoir une tortue dans son jardin et lui donner de la salade.

    9
    Jeudi 5 Avril 2012 à 06:31

    il faut arrêté d'acheter ces bestioles, car petite la tortue est superbe, et une fois grande et bien hop dans la nature et la, elle commaît beaucoup de dégàts sur notre faune; merci pour cet exposer

    gros bisous

    10
    Jeudi 5 Avril 2012 à 06:34

    Je n'en ai jamais vu par chez moi, à croire qu'elles n'aiment pas les eaux fraiches vosgiennes :) 

    bisous et bonne journée 

    11
    Jeudi 5 Avril 2012 à 07:13

    Pour fd34créations :

    Moi aussi je préfère les tortues terrestre. Et elles sont moins agressives aussi  

    12
    Jeudi 5 Avril 2012 à 09:06

    elle est migonne même si c'est une espèce invasive !

    13
    jm
    Jeudi 5 Avril 2012 à 09:59

    j'en avait avant des tortues d'eau mais celle là est superbe,bises



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :